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Newsletter n°2…

Voilà déjà deux semaines déjà que ce petit lieu de vie est arrivé sur la pointe des pieds sur la toile …votre accueil a été merveilleux , de bienveillance et de douceur …votre énergie me rend heureuse et j’y puise mon courage les jours de tempêtes parfois plus nombreux que l’énergie de la vie …mais c’est ainsi que l’existence respire entre le vide et le plein , entre le silence et le bruit des chagrins

Mon travail autour du silence est une histoire merveilleuse…chaque geste et chaque mélodie me conduisaient sur des chemins de traverse , me laissant désemparée ou si heureuse : j’ai adoré le questionnement et les mots sont apparus pour me prendre la main , dans le doute ou le néant mais aussi la joie d’une maison musicale prodigieusement lumineuse

Vous trouverez les Images de ces expériences sur le mini album « le théâtre de mes silences…. »

Je suis tombée par hasard sur le film « les uns et les autres… » de Claude Lelouch …déflagration de ma mémoire qui n’a pas oublié et a grandie en ses souvenirs: les larmes sont les mêmes mais avec un parfum de voyage intérieur sublimé par le vécu du passé contre le présent…j’ai écrit un peu de cette histoire, pour le bonheur des mots et des images , un cinéma unique et sublime

Poursuite de mon voyage initiatique de la classe de danse ; cette semaine les demi pliés : moment tellement intimiste du danseur qui réveille un à un les peaux de son corps et de son âme…redécouvrir et jouer sur les flaques de l’émotion toujours nouvelle de l’instant …

Enfin , une petite vidéo sur l’improvisation…transmettre est essentiel , explorer mon inconscient d’une autre manière et vivre pleinement le cadeau des dieux qui ont déposé tant en moi

Ma prochain voyage musical , je travaillerai sur la lune et les rêves…

En attendant , prenez bien soin de vous , qui êtes chacun essentiel à la beauté d’un monde où chaque différence est une étoile pour écrire le mot AMOUR

Je vous aime et à bientôt ….

M’lle KINTSUGÏ….

Le demi plié , premier exercice de la barre

Le premier exercice de la classe de danse classique , point de départ et d’ancrage initiatique de celle-ci est le demi plié, un plié pour ressentir la puissance de la terre, le poids du corps qui se ressource à nouveau en ce début de barre , qui retrouve la fluidité du souffle, la sensation du corps dans l’espace du studio ou sur scène…

Les doigts sont posées avec délicatesse sur la surface douce et soyeuse du bois , ce bois qui recueille en son sein et transmet à chaque main posée l’énergie de l’autre , de la résonance du travail des muscles …

(suite…)

B comme barre

Lorsque je suis rentrée pour la première fois dans une salle de danse, je fus subjuguée, attirée par ce long mât couché à l’horizontal qui rythme de son bois poli les murs de la classe…j’avais juste envie de m’y enrouler, ressentir les effluves et les aspérités infimes qui l’habite…
Pour le danseur, c’est une amie, un compagnon de voyage, celle qui l’accompagne lors de son éveil du matin, qui l’aide chaque jour à se construire, à trouver l’harmonie entre sa pensée et son corps…elle est juste, sans ostentation : car elle lui offre la beauté simple de son enveloppe pour se réchauffer, expérimenter, une écoute respectueuse des battements des rêves de l’artisan danseur en devenir…elle demeure au quotidien cette dimension unique, silencieuse, contrapuntique et qui l’accompagne dans son émerveillement au quotidien…

Il est aussi touchant que ce même mot désigne la première partie de la classe de danse…lorsque que la barre commence, une vie intense habille de lumière la cathédrale intérieure du danseur : c’est un voyage émotionnel et physique qui prend ses racines au coeur du silence…on pourrait juste mettre un métronome, comme l’a réalisé Maurice Bejart dans son Art de la barre… car accompagner la barre, est un instant bouleversant : celui de l’éveil du corps et de la pensée, la naissance d’harmoniques sublimes qui seront pour la journée qui s’avance les fondations de nouvelles découvertes, de nouvelles sensations…

En tant que musicienne, je construis chaque étape de ce voyage en respectant ce silence : peu de choses, une élévation progressive de la terre au ciel, des mots musicaux qui aide le danseur à se découvrir : car chaque barre est unique, exceptionnelle ; elle est une petite vie en soi, le témoignage plein d’amour de l’amour de la danse pour l’artisan qui apparaît au lever du soleil….

M comme méditation

La méditation est la porte sur le silence la plus belle… le moyen le plus évident d’entrer en harmonie avec l’univers, le scintillement des étoiles.. vivre à fond chaque instant, entrer en voyage en soi, comme la plus belle quête à écrire noir sur blanc sur l’écran de la mémoire, faire du présent un hymne à vivre… ne plus dire non, ne plus demeurer sans savoir… rechercher en soi la ressource mère, créer chaque ressource manquante lorsqu’il le faut pour n’avoir en finalité en ses mains que l’essentiel, en dehors de tout superflu pour écrire sur la page blanche du cosmos les mots du coeur… la pureté est la simplicité, car tout ce qui est est essentiel est unique , créatif , pour que le langage de la création soit perceptible et ressenti par l’Autre …

P comme paysages

P comme paysages le premier paysage est un piano qui surgit en ma mémoire est celle d’un immense vaisseau toute voile dehors lancé à pleine vitesse sur un océan déchaîné … coup de foudre .. c’est cet ami que j’attendais, une bouffée d’air pur, des ailes dorées par la tendresse simple de l’amour, des ailes pour rejoindre les étoiles…

Notre histoire depuis est celle des êtres épris de liberté, des instants de grâce totale , des larmes qui déchirent parfois notre regard, des éclats de rire dans l’univers d’un instant , une fidélité absolue qui ne s’éteindra jamais même avec la mort ..

J’ai souvent peur de devenir, de prendre contre mon coeur toutes ces mélodies auxquelles nous donnons naissance à chacune de nos rencontres , parfum de fleurs insensées ..

Qui sont elles, d’où viennent elles ces petites fées surgissant dès que le coeur allume ses feux de détresse …sous mes doigts, peuples étranges , êtres nés de nulle part , ou d’un autre temps …

Chaque aube je reprends ma marche sur un sentier peuplés de rêves et souvent je souhaiterai que l’on me laisse refermer la porte, être seule seule l’espace d’un instant avec le silence de mes paysages, ces personnages qui font de la vie un film à nul autre pareil , un théâtre ouvert sur l’univers en des milliers de tours du monde, un pas de deux flamboyant avec l’éternité …

Et puis il y a ce besoin d’écrire, de mettre des mots sur mes émotions ,de dessiner sur la beauté du monde une trace , un instant d’équilibre fragile sur les iles du vide .. ce sont les histoires de ma vie, fugaces lambeaux d’amour, regards de gens comme des milliers de constellations qui sculptent sur ma mémoire des reflets d’océans affolés par la magie de chaque rencontre ..