1 les pliés de la barre
C’est souvent le premier exercice de la classe de danse…pour le danseur comme pour le musicien, c’est une méditation, un regard plein d’amour envers soi, le corps…
Il n’est pas nécessaire musicalement d’en faire beaucoup…le trois temps est peut être idéal, car sa rondeur toute en douceur donne beaucoup d’espace pour la réalisation du plié…je réfléchis sans cesse à cette première mélodie qui accompagnera ces premiers pas dans la journée du danseur…elle doit être simple, avec des harmonies transparentes… la main gauche se doit d’être aussi dépouillée, pour ne pas dénaturer les gouttes de pluie de la main droite….
On se doit de demeurer silencieux au coeur de chaque mesure, pour que cette première médiation ouvre doucement une porte sur la lumière et l’air….
La difficulté principale reste donc l’équilibre entre la poésie harmonique et l’écriture rythmique….un simple balancement de la main gauche suffit, la mélodie se structure par petites gouttes de couleurs…de temps agrandir le phrasé de la main gauche, comme une petite brise de vent…
Je vous ai enregistré une petite miniature pour jeter une passerelle entre l’écrit et l’imaginaire…
2 les pliés du milieu…
Le milieu souvent fait écho spirituellement et physiquement avec la construction de la barre…il s’agit pour le danseur de trouver à nouveau sa verticalité sans l’appui de celle-ci…le danseur prend en quelque sorte son envol…une grande solitude se fait jour, qu’il faut métamorphoser en silence par une écriture musicale dépouillée… le voyage change d’horizon, s’agrandit…
Pour le musicien aussi, c’est une nouvelle aventure qui s’avance : les sensations intimistes s’effacent au profit d’éléments musicaux plus proche du scénique…mais il ne faut pas pour autant complexifier et alourdir les différentes constructions qui vont se succéder au fur et à mesure de la 2ème partie de la classe…
Le danseur se met alors en situation de spectacle, face à lui même…le premier exercice du milieu est ainsi primordial pour la sédimentation des sensations : car c’est la première fois qu’il se verticalise sans l’appui de la barre, sa barre…
Pour moi, chaque jour, ce passage de la barre à la prise de plateau, le milieu, est émouvant et essentiel aussi…la texture de la musique se doit d’être à l’écoute de cet instant… Le trois temps, avec la notion de cercle, crée une notion de mouvement perpétuel, avec des espaces propices à l’écriture corporelle, une écriture qui s’ouvre comme une page blanche, un envol vers la voute étoilée…

